• Sous-titre:
  • Auteur(s): Annie Préaux
  • Éditeur: M.E.O.
  • Genre: Roman
  • Péritexte:
  • Format: 14.8 x 21 cm
  • Nombre de pages: 204 pages
  • ISBN: 9782807005709
  • Parution: Mars 2026
  • Prix: 19 €
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Pollen

Agathe Verneuil, née dans le Borinage, n’a pas connu son père, tué d’un coup de fusil en 1944, quelques mois avant sa naissance. Sa mère l’a dès lors confiée à sa sœur qui l’a élevée à Mons.
En 2022, alors qu’elle a quitté son mari pour vivre en Famenne depuis de nombreuses années, celle qu’elle n’a jamais appelée Maman décède presque centenaire. Elle n’en éprouve aucun chagrin. Aux funérailles, apparaît une petite-cousine du côté de son père. Celle-ci va-t-elle lui apprendre enfin la vérité sur la mort d’Armand Verneuil ? Agathe va-t-elle pouvoir se réconcilier avec sa propre fille Julie, qui a repris la ferme de son père après la séparation de ses parents et la mort de ce dernier ? Elle espère au moins que le récit qu’elle veut écrire fera quelques pas dans cette direction.

Extrait

À la fin de l’après-midi, elle m’avait fait visiter les bâtiments de ferme proprement dits : étables surmontées du fenil, laiterie au parfum doux-acide avec son écrémeuse et sa baratte Mélotte, et puis l’ancienne écurie transformée en lieu de stockage du matériel, dont le Mac Cormick racheté à la famille Georges de la Cinse, qui avait acquis, elle, l’année précédente, un Deutz plus puissant. Il y avait encore la porcherie où une matriarche interrompue dans sa sieste bougonnait en se hissant péniblement sur ses pattes et où trois autres plus jeunes truies, chacune dans son rang, allaitaient des petits d’une rare voracité :
– La vente des porcelets mettra du beurre dans les épinards ! Nous n’avons jamais été riches dans la famille, mais maintenant ça va mieux, notamment grâce aux dommages de guerre qu’on a enfin touchés.
– Des dommages ?
– Oui, regarde : on a dû remplacer les fenêtres et la porte de la maison. En septembre 44, toute la façade a été mitraillée par une colonne de SS…
– Il n’y a pas eu de blessés ?
– Ici, non. Mais ailleurs dans le village de Verdenne proprement dit, il y a eu des morts.
Le cœur soudain serré, je lui ai répondu que chez nous aussi, « les Boches » avaient fait des dégâts à la fin de la guerre.
– Des dégâts ?
– Ils… Ils ont tué mon père.
– Oh !… Je suis désolée.
– Tu sais : je suis née après sa mort. Ce n’est pas comme si je l’avais connu.
Étais-je en train de flirter avec la fiction ou était-ce ainsi que ça s’était vraiment passé ?