C’est le roman d’une rencontre improbable. Impensable ?
Hier déjà, aujourd’hui encore ?
Dans la bascule des XIXe et XXe siècles coexistent deux mondes, séparés par leur appartenance de classe : le prolétariat du Borinage, noir de son charbon, besogneux, acculturé ; et Mons, ville riche et bourgeoise, instruite et ostentatoire.
Cécile Douard, jeune artiste peintre, bien née, chapeautée et élégante comme il sied à la bourgeoisie, un jour se pose, carnet de dessin en main, au pied d’un terril. Il est gravi et arpenté par des femmes de mineurs, misérables mais fortes, un foulard sur la tête. Elles y glanent les éclats de charbon qui ont échappé au triage. Épreuve indispensable à leur survie.
L’image de Cécile, assise sur son strapontin, en escarpins, les crayons en main, dessinant on ne sait quoi, est violente pour Zénia la glaneuse. Qui c’est, celle-là? Elle nous veut quoi ? On est des bêtes de foire, c’est ça ?
Mais au fil des jours et de la présence de Cécile, la curiosité l’emporte. Le rapprochement sera long, prudent, pas à pas. De part et d’autre. À la découverte succèderont une reconnaissance réciproque, voire une amitié.
Les avatars de la vie, une cécité accidentelle pour Cécile, des naissances pour Zénia faciliteront le rapprochement. Les enfants de Zénia, surtout sa fille Angèle que Cécile initie au dessin, y aideront beaucoup.
Roman social ? Biographie d’artiste ? Ni l’un ni l’autre. Et l’un et l’autre. Et bien plus encore. Des portraits de femmes magnifiques, un hommage à leur sororité, à leur solidarité. À leur appétit féroce de vivre.