• Sous-titre:
  • Auteur(s): Tuyet-nga Nguyen
  • Éditeur: M.E.O.
  • Genre: Nouvelles Contes Proses brèvesPoésie
  • Péritexte:
  • Format: 14.8 x 21 cm
  • Nombre de pages: 152 pages
  • ISBN: 9782807005853 | 9782807005860 (PDF) | 9782807005877 (epub)
  • Parution: Juin 2026
  • Prix: 17 € | 9,99 € (livres numériques)
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Pollen

Née dans le Nord du Vietnam pendant la guerre d’Indochine, Tuyêt-Nga Nguyên a grandi dans le Sud pendant la guerre du Vietnam avant de venir en Belgique poursuivre ses études. Après la victoire communiste, elle n’est plus retournée dans son pays natal que pour de brefs séjours, mais il est présent dans tous ses livres. Elle rompt ici avec le roman réaliste qui l’a fait connaître, ancré dans l’Histoire, pour offrir des contes, les uns traditionnels, d’autres inventés par elle (notamment pour des enfants de boat people réfugiés aux États-Unis) ou des anciens de sa famille. Elle les assortit d’anecdotes et de souvenirs qui les mettent en perspective et les entrecoupe d’extraits de poèmes et de chansons qu’elle a traduits et transposés, privilégiant leur âme et leur musicalité. Ces « interludes » imprègnent l’ensemble du recueil de leur coloration mélancolique, voire d’une touche de folie.

Extrait

Il est né avec une cuillère d’argent dans la bouche, il y a vingt ans. Après une enfance choyée, car il n’a ni frère ni sœur, et une scolarité réussie, car il est intelligent, il a décidé de jouir de la vie et passe son temps à s’amuser, à fréquenter les tavernes et à courir les filles.
Aujourd’hui, son père l’appelle auprès de lui.
– Depuis deux ans, tu n’as pas arrêté de faire la fête. Le moment est venu de penser à ton avenir. Ta mère et moi, nous nous en inquiétons, lui dit-il.
– Mon avenir est tout tracé : grâce à l’argent que j’hériterai de vous, je ne manquerai jamais de rien, sans même devoir travailler. Ne vous en faites donc pas pour moi, rassure-t-il son père.
– La fortune va et vient, on ne sait jamais de quoi demain sera fait, réplique celui-ci, et que tu comptes sur ton héritage pour ne rien faire de tes dix doigts me désole. Tu vaux mieux que cela.
– Je vous demande pardon si je vous déplais, Père, mais permettez-moi une question : quel mal y a-t-il à profiter de la vie quand on a la chance de pouvoir le faire ?
– Nous en reparlerons dans trois jours, fils.