Deuxième recueil d’Estelle Gillard, deux ans après Bons baisers aux vivants et aux morts. On y retrouve retrouve ses récits d’un quotidien de débrouille et de galère, de rage, et leurs contraires, de tendresse, d’amitié.
Extrait
Excusez l’étendue de mon agonie
les bars ont baissé le rideau
les pavillons pour miséreux sont pleins
les hôpitaux se remplissent
les abattoirs se remplissent
les cimetières se remplissent
le monde touche à sa fin
des rats sortent de mes yeux
des araignées ivres dansent sur l’édredon
ma dernière cigarette roule sous le lit
avec ce qu’il nous reste d’honneur
et mon immortalité hypothétique
je n’ai plus d’homme à aimer
pas de poème radical à écrire là-dessus
je touche à ma fin.