Dans l’église romane de Saint-Flour-Le-Désert, un photographe passe une année complète à l’affût d’instants de grâce subtile pour son prochain album. Cet homme, ouvert bien qu’introverti et peu enclin aux relations sociales, s’efforce de conjuguer la créativité, une foi chrétienne dégagée des dogmes et l’émerveillement.
Une femme plantureuse vient dessiner dans cette église un soir de super lune. Son charme solaire et fantasque, sa personnalité aussi débordante que sa chair vont chambouler la vie bien orchestrée du photographe. Entre eux se développe une liaison torride et hors normes.
Hélas, le malheur guette. Atteinte d’une tumeur cérébrale incurable, Hélène décide de finir ses jours chez sa mère. Son amant l’y accompagne, dans tous les sens du terme, pour un huis-clos à trois empreint d’amour, de spiritualité, de confiance et de poésie.
L’issue inéluctable signifiera pour le photographe un renouveau de son art, où le noir et blanc cédera la place à la couleur, le cimetière où repose son amante aux églises romanes, l’activité artistique routinière à l’érémitisme.
Extrait
J’ai reconnu ces destins en marche, ces pèlerins de feu et de lumière, ces pèlerins immobiles, ces pèlerins de cire, ces pèlerins-chandelles, ces pèlerins de l’esprit. Le corps figé et la tête en feu, ils représentent la cohorte silencieuse des anonymes chercheurs de vérité. Ces millions d’hommes et de femmes, à travers le monde, à travers les siècles, en quête de leur part manquante, de leur part divine. Sans se connaître les uns les autres, ils forment une communauté universelle, invisible et atemporelle. Comme ces cierges, ils ne font aucun bruit. Ils ne font pas de grande fumée non plus, ils n’ont pas le panache d’un incendie ou d’un brasier, non, ils brillent simplement, d’eux-mêmes. Une source inconnue anime ces quêteurs et les tourmente à la fois, pourtant ils ne dérangent rien ni personne. On les remarque à peine alors qu’ils sont le théâtre de violents orages intimes.
Souvent, leur savoir est fragmentaire, leurs évangiles sont de bric et de broc, des briques de ce que l’Homme a pensé de plus beau, et des broques de ce qu’il a imaginé de plus farfelu. S’ils se trompent, ce n’est pas de beaucoup, et ce n’est jamais très grave.