Tout ramène à la mer, à la fois source et embouchure de vie.
Car c’est bien la vie et le temps d’être que raconte Entre les ancres.
Au gré des marées, les rêves et les souvenirs tissent les flots jusqu’à l’horizon, là où le ciel s’appuie, là où l’imaginaire éclot, là où l’enfant intérieur nous appelle.
Extrait
Le jour du grand appel,
On voit la mer passer
Dessous la porte close
Une langue salée
Comme une lettre vierge
Aux accents étrangers.
Dans le ciel invisible
Que l’on devine libre,
Des oiseaux blancs cisaillent
Le silence du large
Près d’un voilier fantôme,
Un bateau pour l’exil.
Une vedette a remorqué
Un petit canot gris repris
À la main ferme de la mer.
À son bord, pas âme qui vive,
Juste une paire de sandales
Blanches, usées, pointure trente.
Intrépides pirates,
Corrompus capitaines,
Matelots attelés
De quel lointain naufrage,
De quelle marée noire
Parlerez-vous demain
À vos petits-enfants ?