Origyne est une traversée poétique qui relie la création tellurique, l’orogénèse, à la gestation utérine. Origyne aborde également le langage préverbal, le langage d’avant les mots, celui qui s’élabore dans le creuset féminin et laisse une trace archaïque, vivace et toujours agissante.
Le corps de la femme est un livre – l’enfant : la dédicace du futur – tout comme la camera obscura de la grossesse préfigure la camera obscura de la création poétique avant le jaillissement, le surgissement du poème préexistant déjà en soi.
Il s’agit ici de relier le corps féminin rempli, fécondé, à la pensée, et de faire en sorte que l’expérience intérieure vécue par la mère permette une connexion à tout l’inconscient profond des femmes, une liaison à la grande mère archaïque et, dans un même mouvement, à l’animalité, la flore , la terre, toute cette essence du vivant qui la compose et la renouvelle.
— Edith Henry