« Il y a cinquante-cinq ans, j’entrais à l’école d’art de La Cambre en gravure comme on entre en religion, « pour le meilleur et pour le pire ». Souvent on me demande si je pense à l’envers. En effet, le procédé d’impression inverse l’image. Cela fait longtemps que je n’y pense plus. Probablement ai-je appris à vivre à l’envers », déclare Anne Wolfers. Et Séphora Thomas de confesser dans sa préface : « Quand défilent ses images, mon esprit se souvient de l’estampe japonaise aussi bien que des Primitifs flamands. Il fait un crochet chez Vuillard, tombe au fond d’un trou à côté d’Alice… Il croise les têtes décapitées de Freud, Fujita, Hockney et Bonnard posées en bouquet dans des vases. On voyage avec Anne, on traverse les époques, on se promène dans le musée imaginaire, on enchaîne les métamorphoses comme cette vague d’Hokusai muée en tapis d’Aladin sur lequel surfe Charon traversant le Styx, nous entraînant sur le fleuve de Joachim Patinir entre 1520 et 1524. » Et toujours cette mélancolie malicieuse tapie jusque dans ses forêts de bouleaux, ses animaux de la fable et ses figures morcelées en quête de personnages.