• Auteur(s): Pierre Warrant
  • Péritexte: Préface de Lucien Noullez
  • Éditeur: Tétras Lyre
  • Distribution: Esperluète (Belgique). Librairie Wallonie-Bruxelles (France).
  • Genre: Poésie
  • Format: 14 x 20.5 cm
  • Nombre de pages: 80 pages
  • ISBN: 978-2-930685-07-6
  • Parution: 2013
  • Prix: 16 €
  • Disponibilité: Disponible

Pierre Warrant signe un premier livre, tout entier consacré au voyage et à l’exploration minutieuse de soi. Altitudes se propose de nommer les phases d’une ascension dans l’Himalaya tout en consignant la progression évidente en soi, née du périple et de ses circonstances.
Charpenté comme les pentes d’une montagne à grimper, le livre se lit par étapes, comme le marcheur se donne un camp de base pour le sommeil et l’amitié. Lucien Noullez, qui préface avec justesse l’ouvrage, décèle les merveilles de simplicité d’une écriture qui met au jour « quelques craquelures de solitude ». Tous les voyages sont, il est vrai, d’étonnantes pérégrinations de soi, quel que soit le but fixé.
De beaux poèmes où le « tu » s’adresse autant au lecteur qu’au marcheur qui se parle décrivent sans beaucoup de mots et d’annotations les reliefs intérieurs. Où sommes-nous quand la lumière, l’air, les sommets défilent à la vue? Sans doute « au plus près » de nous, là ou « tu brûles des bouts de phrases », là où « un yack habite la nuit/ tapi dans l’ombre du thé fort ».
Ce livre tient haut la route du dire poétique : nulle emphase ne vient encombrer la pureté des regards. Nulle pose de marcheur des hautes cimes. Rien que du vécu distillé au vers concis, nettoyé des usages, donné à lire, après décantation.
Bien sûr, « que restera-t-il de ce voyage » ? Question lancinante qui traverse toute aventure humaine, puisque inscrite même au cœur de sa nécessité et de sa fragilité. Pierre Warrant, photographe, et vrai poète, et splendide voyageur au sens de Monod, Lévi-Strauss, Eberhard, sait trop bien « que l’heure est venue/ de vivre », belle déclaration de principe devant les tâches défuntes et celles à accomplir.

Philippe Leuckx

Extrait
S’irriguer au reflet
écouter la source
s’habiller de pierre
emprunter la neige

être
à l’oubli du temps
dans l’énigme
de l’immense

avoir
ce qu’on ignore
ce presque tout
volé au vent.