Il y a cinq ans, Lylybeth Merle commence à se questionner. Elle défait l’identité de genre garçon imposée à son corps et découvre, dans ce bouleversement, une version d’elle plus vaste. Affleure alors une émotion neuve, inattendue — la joie.
Ses mains vernies deviennent plumes.
En s’affirmant, elle affronte de nouvelles violences — celles qu’une société réserve au féminin. Alors, elle continue d’écrire. Pour transformer.
Et rêver d’autres possibles.
Dans Échardes, Lylybeth Merle tisse un conte écoqueer féministe, entre poèmes, souvenirs et rituels. Avec humour et lucidité, elle nous emmène dans ses déconstructions, ouvrant un sentier de guérison.
Là, à l’orée de la forêt.
Extrait
Dans ces vestiaires
tu n’es pas un petit garçon
tu es une espionne
Une espionne qui joue à
Une espionne qui plus tard racontera
*
Nos noms magiques hérités
de plantes reines
d’animaux compagnes
de personnages cousus aux pages de romans sauveurs
de personnes deuillées, aimées
— devenir nos héro·ïnes —
ou rien de cela
juste un nom sourire
qui amène joie au creux
Des prénoms poèmes
sorts qu’on se jette à soi et aux autres
des prénoms guérison