« Gaza est aujourd’hui le point culminant de l’inconcevable accepté, de la tragique défaite de l’humanité. » Dominique Eddé, autrice libanaise, n’est pas seule à désespérer. Au « plus jamais ça » de nos parents a succédé le « tout est possible », pour ne pas dire « tout est permis ». Même un génocide…
Levons d’emblée toute ambiguïté : les massacres du 7 octobre sont injustifiables, l’interminable histoire de colonisation, d’humiliations, de dépossessions… du peuple palestinien ne pouvant servir d’excuse. Mais que penser de la riposte israélienne, d’une férocité inouïe ?
S’ouvrant sur l’enfer de Gaza, ce recueil porte essentiellement sur les réactions du monde : d’abord cette vague émotionnelle et les contestations de la rue. Quel contraste avec l’empathie jamais démentie de la plupart des dirigeants occidentaux pour Israël. Une connivence assumée avec cet allié qui ne cesse de violer les lois de la guerre et les règles du droit international. Au mépris de nos valeurs, de nos principes si souvent brandis.
À travers leurs écrits, leurs réflexions, la dizaine d’auteurs de cet ouvrage souhaite garder notre mémoire en éveil, faire bar rage à l’oubli, tout en esquissant des pistes pour l’avenir – l’impunité n’est pas une option. Et même si les bourreaux de Gaza ne risquent pas un deuxième Nuremberg, eux et leurs acolytes doivent savoir que l’Histoire ne les lâchera pas.
Il n’empêche, l’anéantissement de l’enclave palestinienne, sa mise à mort, c’est aussi la condamnation du monde occidental. Qui pourra, à l’avenir, écouter ses discours universalistes alors qu’ici, sa voix est demeurée silencieuse ? Gaza, ce sont aussi nos promesses et nos serments qui ont été réduits en poussière. Gaza, c’est aussi notre défaite