
L’écriture de Moyano nous touche par sa pudeur et sa retenue. Qu’il s’y efface devant les autres (comme dans Tu me cherches ? ou Autour de Liël ou qu’il s’y exprime à visage découvert, n’hésitant pas à tomber le masque pour se montrer tel qu’il est (comme dans Le meilleur de la vie), il arrive à nous parler du monde qui est le sien comme s’il était aussi le nôtre, à nous rendre proches des lieux, des visages, des existences qui nous sont inconnus. N’est-ce pas cela, finalement, que l’on attend d’un écrivain – et que bien peu, parmi ceux que l’on nomme ainsi, sont encore capables aujourd’hui de nous apporter ?