Pas un mot de trop pour dire l’immense, l’infini, « le vaste pays » ou « tous les hauts de l’infime ». Anne-Marielle relie, noue, dénoue, coud et découd les mots qui « ont leurs petites manies couturières / et nous habillent à la fois / de vertige et de lumière ». Elle joue avec les métaphores subtiles et avec les adjectifs qu’elle fait siens dans un style si reconnaissable, leur octroyant le premier rôle de sujet.
Et, bergère du silence…, elle laisse de la place à celui-ci ainsi qu’à la lenteur où puiser une sorte d’éternité, « tissant le temps en laine de silence ».
Les questions planent, plus importantes que les réponses .
— Martine Rouhart, Nos Lettres n° 55.
Extrait
Ne sillonner
en poésie
que le vaste pays de l’infime
Ces choses
qui évoluent
en toute sérénité
dans le non perçu
font-elles partie de nous