• Auteur(s): Gérard Adam
  • Éditeur: M.E.O.
  • Genre: Roman
  • Format: 14.8 x 21 cm
  • Nombre de pages: 396 pages
  • ISBN: 978-2-8070-0257-9
  • Parution: Mai 2020
  • Prix: 24 €
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Maison de la poésie d’Amay (Belgique et Luxembourg). Pollen (France).

Écrit entre 1986 et 1990, finaliste du Prix Rossel, la Lumière de l’archange était un roman de légère anticipation.
Pierre Lhermitte, médecin virologue, est victime du virus qu’il étudie, redoutable mutant surgi dans les forêts centrafricaines. Tenu en quarantaine dans son propre service, soutenu par ses amis du monde entier, il participe à la course de vitesse entre l’épidémie et la recherche, tout en prenant conscience d’un monde contemporain dont il s’était jusqu’alors abstrait et qu’ébranlent de profonds bouleversements en cette dernière année du XXe siècle.
Mais d’étranges modifications psychiques apparaissent chez les rescapés. Le développement de la vie serait-il à un carrefour ? Pierre Lhermitte, envoyé en Afrique pour coordonner la lutte contre l’épidémie dans l’espoir de l’y garder enclavée, sera entraîné simultanément dans une aventure exceptionnelle et dans une quête intérieure, psychologique, métaphysique et spirituelle.
Un roman visionnaire, d’une brûlante actualité, qui nous met en garde contre les dangers que cette actualité – comme nos comportements – font courir à une humanité fonçant tête basse vers le mur.

Extrait
En même temps que se restructure la mémoire, il prend conscience de sa chambre d’isolement, de la fenêtre sur un ciel uniformément gris, que distancie en l’adoucissant le voile tabac des rideaux. Les doubles vitrages absorbent les bruits du dehors ; à peine si la modulation d’un souffle, à la limite de l’audible, mentionne le glissement des véhicules sur l’autoroute urbaine. De temps en temps, la sirène d’une ambulance, assourdie, cotonneuse ; ou la gifle d’une rafale qui strie le carreau. Tant de feutrage l’anesthésie ; la perception s’émousse ; il rentre dans une vie végétale, écoulements de sève, frissons imperceptibles, pulsations infinitésimales sous l’apparente inertie de l’écorce.
Puis à nouveau, les coulées s’engorgent aux lieux vulnérables, leur palpitation se refait douleur ; il réprime un cri, se force à sourire, offre un visage lisse aux regards qui le scrutent à travers le hublot de surveillance. […] Il s’enchâsse dans un temps immobile, dénué de perspective, où couve sa métamorphose, tissée maille après maille, sans autre projet qu’elle-même. […]
Marthe lui a remémoré une métaphore qu’il affectionnait : la maladie est un bateau en difficulté, le malade en est le capitaine, les soignants l’équipage… Le capitaine ne peut rien sans eux, mais lui seul sait où il va. Elle lui a rappelé ses propres doutes, confiés un soir de découragement, que les hommes sont de drôles de capitaines, des milliardaires sur leur yacht, en uniforme d’opérette, qu’ils ignorent tout du bateau, jusqu’à la valeur de sa possession, qu’ils ignorent plus encore la destination de leur croisière…
Le voici, à son tour, capitaine de pacotille, embarqué dans cette croisière dont il ignore la destination, conscient que le mieux, à chaque réveil plus sensible, le rapproche de récifs où sa vie peut s’éventrer.