« Dans ce monde du manque d’amour, de travail, de considération, « parfois on voudrait fuir/mais l’on reste là », dans une attente vaine, peut-être des jours légers où « il y a une fête entre amis/un repas au bord de l’eau », « un éclat de vivre ». Véronique Joyaux nous fait toucher du doigt avec des mots simples, mais avec chaleur, avec tendresse, l’usure des jours, la dignité des femmes et des hommes d’en bas. Au fond, « il suffirait d’un geste/pour que tout vacille », l’espoir subsiste, quelque part, au moins dans l’œil du poète. Loin du nombrilisme ou de l’hermétisme d’une certaine poésie actuelle, voici un recueil qui réchauffe, qui nous incite, peut9être, à ne plus accepter d’être malmenés par la vie. »
Jean-Pierre Brethès
Extrait
S’entrouvre la porte sur le palier
On aperçoit une table deux chaises un buffet
Juste ce qu’il faut
la plage blonde du plancher
On sent une odeur de cire fraîche
de propre
On devine des gestes simples
attentifs
des êtres dignes
dans la rectitude.