• Sous-titre: Paul Otlet et le Mundaneum
  • Auteur(s): Françoise Levie
  • Éditeur: Les Impressions Nouvelles / Réflexions faites
  • Genre: Édition et monde du livre
  • Péritexte: Couverture de François Schuiten et postface de Benoît Peeters
  • Format: 17 x 24 cm
  • Nombre de pages: 352 pages
  • ISBN: 2-87449-022-9
  • Parution: 2006
  • Prix: 24 €
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Harmonia Mundi (Belgique et France).

Prix du Parlement de la Communauté française de Belgique 2007

Bien peu de gens connaissent aujourd’hui le nom de Paul Otlet (1868-1944), ainsi que les mots de Palais Mondial, de Mundaneum ou de Cité Mondiale. C’est comme si cette fascinante utopie avait disparu sans laisser de traces. L’aventure dura pourtant plus d’un demi-siècle, mobilisant des énergies considérables et suscitant le concours de personnalités prestigieuses.

Prolongement des rêves encyclopédiques des XVIIIe et XIXe siècles, aux accents parfois grandioses et parfois dérisoires, l’aventure du Belge Paul Otlet touche à l’histoire du livre et des bibliothèques comme à celles des institutions internationales et du mouvement pacifiste. À travers le rôle joué par Hendrik Andersen et Le Corbusier, elle constitue aussi une page importante de l’urbanisme moderne.

Dans cette passionnante biographie, Françoise Levie retrace l’histoire d’une utopie qui aurait pu réussir, d’une grande intuition qui finit par se changer en obsession, d’un rêve de Paix universelle qui bascula dans le délire. L’histoire d’un apparent échec, et d’une victoire posthume pour le moins inattendue…

Un précurseur d’Internet et de Wikipedia

À la suite de Warden Boyd Rayward, de nombreux chercheurs, en Europe et aux États-Unis, reconnaissent aujourd’hui Paul Otlet, auteur du Traité de documentation (1934), comme l’un des précurseurs conceptuels d’Internet. Avant même Vannevar Bush (généralement considéré comme le père d’Internet et de l’Hypertexte avec son article de 1945 intitulé As we may think), le projet du Mundaneum apparaît ainsi, à travers certaines intuitions de Paul Otlet, comme une préfiguration conceptuelle d’Internet :

« Ici, la table de travail n’est plus chargée d’aucun livre. À leur place se dresse un écran et à portée un téléphone. Là-bas, au loin, dans un édifice immense, sont tous les livres et tous les renseignements. De là, on fait apparaître sur l’écran la page à lire pour connaître la question posée par téléphone. » (Paul Otlet)

Mais ce sont aussi les traits de Wikipedia, comme l’indique Benoît Peeters dans sa postface à l’ouvrage, que Paul Otlet esquisse assez étonnamment, en visionnaire d’une machinerie pour le travail intellectuel, support d’une encyclopédie totale et collective :

« Le travail de documentation se présente sous un triple aspect : il importe tout d’abord de collectionner et de classer méthodiquement tous les titres de ce qui a été écrit et publié dans les différents pays et aux diverses époques ; puis, l’oeuvre s’élargissant, il y a lieu de réduire en leurs éléments toutes les publications et tous les écrits et de les redistribuer pour en former des dossiers conçus comme les chapitres et les paragraphes d’un unique livre universel ; enfin, devant l’abondance des documents, le besoin s’impose de les résumer et d’en coordonner les matériaux en une Encyclopédie universelle et perpétuelle. Une telle encyclopédie, monument élevé à la pensée humaine et matérialisation graphique de toutes les sciences et de tous les arts est l’étape ultime. Elle aurait en fait pour collaborateurs tous les penseurs de tous les temps et de tous les pays ; elle serait la somme totale de l’effort intellectuel des siècles… » (Paul Otlet)