• Sous-titre:
  • Auteur(s): Juvénal Ngorwanubusa
  • Éditeur: M.E.O. / Papier blanc, encre noire
  • Genre: Littérature
  • Péritexte:
  • Format: 15 x 21.5 cm
  • Nombre de pages: 328 pages
  • ISBN: 978-2-871680-70-3
  • Parution: 2013
  • Prix: 22 €
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Maison de la poésie d’Amay (Belgique et Luxembourg). Pollen (France).

Livre pionnier, fondateur d’une véritable histoire littéraire, le travail de Juvénal Ngorwanubusa ouvre les portes d’une francophonie parmi les plus secrètes et les plus méconnues. Une francophonie dont le passage des grandes traditions orales à l’écriture en français commence à s’opérer dès la fin du xixe siècle, au moment même où la tutelle coloniale allemande cherche à se mettre en place mais doit faire face à la résistance farouche du roi Mwezi Gisabo. Une francophonie dont la réalité sera dès lors plus lente à se faire connaître et reconnaître que dans d’autres aires francophones. Livre-histoire et livre-anthologie, la Littérature de langue française au Burundi explicite bien les trois grandes phases de cette histoire littéraire. Le travail de collecte et de transcription des grandes traditions poétiques et proverbiales par des ecclésiastiques européens, puis africains, a constitué le premier socle mémoriel en français d’un peuple. Le moment Kayoya marque ensuite l’émergence d’une littérature à part entière – et ce, à l’heure du retour du pays à l’indépendance. Cette émergence se produit à travers le poétique d’une part, l’inscription de la tension interculturelle de l’autre. Les quarante-cinquante dernières années, enfin, voient franchir progressivement une nouvelle étape, celle de la reprise par la fiction des contradictions et avancées de l’Histoire et de la constitution, au début du xxie siècle, d’une amorce de champ littéraire spécifique.

Un livre qui vient à son heure. Un livre qui démontre, une nouvelle fois, le pluriel et la singularité des francophonies culturelles.

En coédition avec les A.M.L.

Les poncifs ont la vie dure, on le sait. Ils risquent de trouver de nouveaux champs d’expression avec les simplifications propres à la civilisation médiatique. Les clichés relatifs aux littératures francophones sont tout aussi actifs et pernicieux. Ils le sont d’autant plus que le système des périphéries ou des aires latérales, issu de la construction française, continue de fonctionner comme si les francophonies n’existaient pas réellement. Comme si celles-ci ne constituaient pas des réalités, dotées chacune de logique intrinsèque, au sein du système franco-francophone, quoique avec des transversales et un rapport à la localisation parisienne.
S’il s’agit, qui plus est, de la Belgique ou des pays d’Afrique qui firent partie de son espace colonial, on se trouve en sus, comme avec la Suisse d’ailleurs (mais qui n’eut pas d’empire colonial), devant des mondes d’autant plus excentrés, mal ou peu commentés, que leurs Histoires ne peuvent se décrire et se dire dans la logique franco-française, sans la remettre en cause, d’une manière ou d’une autre.

Marc Quaghebeur, extrait de la préface.