• Auteur(s): Frédéric Chanel
  • Éditeur: Murmure des soirs
  • Genre: Roman
  • Format: 7.5 x 10 cm
  • Nombre de pages: 72 pages
  • ISBN: 978-2-930657-04-2
  • Parution: 2012
  • Prix: 10 €
  • Disponibilité: Disponible

Peut-on parler de la bibliographie d’un auteur alors même que la plupart de ses livres sont encore à l’état de manuscrits graphiquement complexes, codés parfois, et dont le déchiffrement ne va pas sans difficultés peu à peu surmontées ?
Forte de la confiance qu’elle met en la valeur des textes de Frédéric Chanel (1957-2009), notre maison d’édition peut d’ores et déjà annoncer la parution in extenso de sa tétralogie De chair et d’os, dont Miraculeuse Maryllis constitue un des pans, le mieux élucidé à ce jour.
Avant que de nouvelles fulgurances signées Chanel, et patiemment ressuscitées, ne bousculent à leur tour la routine littéraire.

Extrait

Quitte à passer pour le pire des menteurs et pour un romantique de la plus fumeuse espèce, j’affirme que ma rencontre avec Maryllis s’est faite ainsi que dans un rêve éveillé, pour le pauvre et lamentable diable que j’étais et suis resté.
Pour l’amoureux déçu dont j’avais endossé le rôle après que ma compagne d’alors avait, subitement et sans commentaire, décidé que l’amour et moi, ça faisait définitivement deux…
Une option en bonne partie inexplicable pour ma psychologie de mâle, mais dont je m’accommodai du mieux possible, à défaut de tenter de modifier le cours de nos désirs respectifs. De sorte que cet état de veuvage sensuel, que je faisais rimer avec fatalité, aura notablement accéléré mon passage à la condition d’homme à femmes : entendons par là celle de chéri de dames dûment rémunérées, visitées en fonction d’une savante alchimie entre l’exacerbation de mes désirs et les opportunités de mon agenda professionnel.
C’est cela qui me subjuguerait dans les bras de Maryllis ? Cette science de la caresse et de l’intimité, cette haute école de l’amour codifié ? C’est cela, sans doute… Encore qu’à bien y réfléchir interviendrait autre chose également, quelque chose qu’Irina n’avait pas : je veux parler de cette radiance qui émane de Maryllis au plus fort de l’amour, magnétisme supérieur qui me laisse sans voix, incapable que je suis actuellement encore de trouver les mots justes pour le décrire sans le trahir, mais qui me laisse pantois, mais qui me tétanise…