• Sous-titre: et autres mauvaises nouvelles du monde
  • Auteur(s): Alain Dartevelle
  • Éditeur: Murmure des soirs
  • Genre: Nouvelles Contes Proses brèves
  • Format: 15 x 20 cm
  • Nombre de pages: 87 pages
  • ISBN: 978-2-930657-01-1
  • Parution: 2011
  • Prix: 14 €
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Grantha (Belgique). Librairie Wallonie-Bruxelles (France).

De quelles passions funestes certains personnages publics sont-ils la proie ? Quels printemps houleux et conflits décisifs nos sociétés vont-elles bientôt devoir vivre ? Comment donc a fini cet État Belgica dont le sort se décidait en un étrange casino ultramoderne ? Barock Obamo fut-il un saint ? Et depuis quand la vision des actualités entraîne-t-elle une addiction extrême ? Autant de mystères que Dartevelle dissipe avec une ironie enjouée ou glacée. Autant de questions qui reçoivent des réponses où prospective et parodie, érotisme et fantastique jouent un rôle non négligeable.

Extrait

Il n’a pas fallu bien longtemps pour que Claudio se sente visiblement chez lui, dans le vaste appartement que j’avais fait mettre à sa disposition au premier étage de l’aile est du palais de l’Élysette –ma propre résidence privée en occupant officiellement le rez-de-chaussée.

L’homme de ma vie avait ainsi tout loisir de faire des effets de voix et de pianoter sans déranger le moins du monde les membres de mon administration et ceux du gouvernement – dont les activités se concentraient, quant à elles, sous la nef centrale et dans l’aile opposée.

Ainsi pensais-je instaurer une réelle et bien pratique répartition de mes vies et de mes rôles, tout en gardant jalousement caché l’objet de mon amour dans cet écrin dont l’État me concédait la jouissance.

Mes précautions de façade n’abusaient en fait que moi. Dès le départ, la presse et la télévision, sans oublier le Net, ne s’étaient évidemment pas privés de commenter chaque étape de notre parcours amoureux. À commencer par ces clichés vendus par je ne sais trop quel participant à la soirée dansante sur le yacht Rosemonde, et qui nous montraient, Claudio et moi, enlacés comme il n’est pas permis. Le ton était donné et, jeux de mots aidant, il était acquis que je serais, moi Violaine Comtesse, tombée dans les filets d’un prince de la chanson de charme ! De quoi régaler les foules d’un feuilleton de première grandeur…

Il est vrai que dans le tourbillon de la passion, nous protégions de moins en moins bien nos secrets. De sorte que nos excursions éclair en des endroits peu propices à la confidentialité – le parc d’attraction de Fantasyland où nous sommes retombés en enfance le temps d’un week-end, et cette visite des ruines d’Halicarnasse qui me vit, flanquée de mon petit crooner, tirer après nous une meute de paparazzi – ne contribuèrent pas peu à amplifier ce phénomène par lequel une présidente de la République se muait en vedette.