• Sous-titre: Livre I
  • Auteur(s): Monique Thomassettie
  • Éditeur: M.E.O.
  • Genre: Arts
  • Format: 21 x 21 cm
  • Nombre de pages: 112 pages, dont 58 pages couleur.
  • ISBN: 978-2-8070-0221-0
  • Parution: Octobre 2020
  • Prix: 28 €
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Maison de la poésie d’Amay (Belgique et Luxembourg). Pollen (France).

Ce premier livre d’un catalogue qui en comportera deux, rassemble des œuvres – peintures et dessins – de diverses périodes : des symbolistes, des abstraites, des paysages imaginés, des œuvres d’après nature…
Des œuvres et non les, parce que beaucoup ont été perdues.
Ces périodes ne se succèdent pas chronologiquement. Elles s’entremêlent, ont des récurrences.
Les œuvres abstraites pouvant être à la lisière entre abstraction et symbolisme, je les ai placées dans le Livre I.
D’ailleurs, ces définitions sont à revoir – j’en ai déjà parlé ailleurs.
Mon appellation de périodes n’est pas un cloisonnement : il s’agit de divers aspects de ma créativité à la fois inquiète et curieuse.
L’art abstrait : une expression non figurative de sentiments indicibles. Sentiments indicibles, mais pas abstraits : existentiels. Mes tableaux abstraits ont presque toujours été l’expression d’un profond mal-être, voire d’une peur.
Mais lorsque Kandinsky découvrit l’art abstrait en voyant un tableau figuratif posé à l’envers, il s’agissait de la seule composition, et non pas de cette expression indicible qui touche à l’instar de la musique.
Dès lors, regarder comme on écoute.
Je parle de ce seul tableau, parce que la musique porterait Kandinsky.
— Monique Thomassettie

Extrait

Mon symbolisme et ma vision compositrice sont autodidactes et relèvent de mon cheminement spirituel.
J’ai toujours su d’instinct comment composer, équilibrer lignes et formes, valeurs et couleurs. Mais, à vingt ans, j’ai appris comment regarder les objets composant des « natures mortes » afin de les peindre et les dessiner simplement et justement. En 1966, au cours de peinture du dimanche matin à l’académie de Saint-Josse (Bruxelles), Pierre Dulieu conseillait de cligner des yeux afin de mieux voir le ton local, l’ombre et la lumière des objets à peindre : fruits, légumes, bouteilles, pains, etc. De lui, j’ai donc appris à ne pas me perdre dans les détails – l’erreur des débutants.
La même année, à la même académie, au cours du soir de dessin, Marcel Verhofstadt apprenait aussi à bien voir ; « dessiner, c’est bien regarder », disait-il. La ligne d’un vase, celle d’un verre, celles d’un drapé. Ensuite, je fréquentai l’académie de Bruxelles en tant qu’élève libre, c’est-à-dire afin de bénéficier de modèles. Je n’ai donc pas appris le portrait ni la composition. C’est en peignant que je suis devenue peintre.
Dans mon atelier, les personnages de mes compositions, je les ai peints tantôt d’après miroir, tantôt d’après croquis (ou d’après photos quand la pose était anatomiquement trop pénible à garder !), tantôt d’après nature, tantôt d’imagination.
Idem pour les arbres (sauf que je ne les ai jamais photographiés). Quant aux éléments (terre, pierre, montagnes, mer, cascades, nuages…), dans la mesure où je les ai (en vacances notamment) peints et dessinés d’après nature, et où, de ce fait et aussi grâce à mon animiste empathie, je les ai intériorisés, il m’a été aisé de les imaginer. Peignant la vague, j’étais la vague.