• Sous-titre:
  • Auteur(s): Ewa Lipska
  • Péritexte: Traduit du polonais par Isabelle Marcor-Filarska avec la collaboration d'Irena Gudaniec-Barbier.
  • Éditeur: L'Arbre à paroles / L'Arbre à paroles
  • Distribution: Maison de la poésie d’Amay (Belgique et Luxembourg). Librairie Wallonie-Bruxelles (France).
  • Genre: Poésie
  • Format: 13 x 20 cm
  • Nombre de pages: 80 pages
  • ISBN: 978-2-87406-516-3
  • Parution: 2013
  • Prix: 10 €
  • Disponibilité: Disponible

L’Orange de Newton nous donne à voir les images d’un monde fragmenté, instable, précaire, inquiétant traversé de réminiscences du passé, d’un temps peut-être plus « fiable » parce que nous étions plus jeunes, moins conscients. Ici, la conscience s’est affûtée, conférant sa dimension dramatique à la vision du monde de l’homme contemporain. Au travers des images qui s’affichent comme des flashs devant nos yeux, se rencontrent l’infiniment petit et l’infiniment grand, le cosmos et notre minuscule histoire d’humain ballotté par l’Histoire dont la roue ne tourne pas rond (« dans la roue de l’histoire/ l’essieu a cassé »…), le superficiel et le profond ; ainsi se fondent en associations le défilé de mode et la gesticulation politique universelle qui procède à l’établissement des régimes, les rails de chemin de fer et les sillons du maquillage, Dieu et l’homme (« D Dieu avoue/qu’il n’est qu’un homme). Tout devient plus clair, plus net, nos rêves du passé, rêves d’un avenir meilleur, de lendemains qui chantent, nos illusions. Le questionnement existentiel s’enracine dans la mémoire individuelle et historique, d’où les références, sous formes de paradoxes et d’oxymores frappants, à nos passions, qui ne durèrent pas ou qui s’égarèrent, et à l’Histoire tragique, monstrueuse, revisitée par la conscience présente (« En ce temps-là/ l’analphabète lisait déjà Mein Kampf »). Le poète en appelle à la mémoire, à la lucidité, alors même que les visions entrelacent les publicités de la civilisation de supermarché aux tableaux des grands maîtres, aux oeuvres d’art.

Isabelle Marcor

Extrait

Après des années

Du temps
où nous nous aimions
sur des petits bouts de secrets
l’histoire a contracté
un crédit politique.

Les papiers de bonbons
jouaient les troupeaux de mots.

Nous étions couchés
sur une crème d’abricot
pourtant tout le reste
ressemblait
à une sirène de police.

Après des années
nous nous retrouvons
dans la même mélodie
que ta montre chantonnait
sur une main absente.