
Écrivain et historien d’art, Philippe Jones a derrière lui soixante-cinq ans d’écriture poétique, de nombreux recueils, une œuvre importante réunie en deux volumes à La Différence. Osera-t-on dire qu’avec Parenthèses il parvient à nous étonner encore, par sa fraîcheur intacte, sa lucidité toujours aux aguets ? Parenthèses, c’est la sonate d’automne d’un grand musicien n’ayant plus rien à (se) prouver, qui rentrerait chez lui après un concert et se mettrait à pianoter d’une main une petite mélodie, atteignant sans effort apparent à une liberté et une simplicité souveraines qui donnent l’idée la plus limpide de son art. Pas un mot, pas une note de trop : en quelques pages aussi denses qu’évidentes se révèlent un paysage mental, une manière de voir et d’être au monde, en somme un condensé d’art poétique.