Découvrir qu’une autre porte le même nom que vous, et que cette autre est morte assassinée vingt ans auparavant, a de quoi troubler.
Quand Peggy M., treize ans, rencontre sur la Toile Peggy M. la morte – une homonymie qui fait froid dans le dos –, sa vie d’adolescente banale et solitaire est bouleversée. La curiosité vire à l’obsession : jusqu’à l’indigeste, elle se gave de la vie de l’autre, jusqu’à ce qu’un fantôme fasse effraction dans sa vie. Et si la destinée de toutes les petites filles nommées Peggy M. était de croiser le grand méchant loup du conte et d’y laisser leur peau ? Ce singulier face face raconte, au creux d’un récit choral qui entrelace des voix fictives et réelles, un fait d’hiver glaçant. Seule la poésie permet d’aller aux confins du dicible pour interroger la fragilité des identités, la peur et la douleur, et dénoncer encore la violence faite aux femmes.