• Sous-titre:
  • Auteur(s): Anne Duvivier
  • Éditeur: M.E.O.
  • Genre: Roman
  • Péritexte:
  • Format: 14.8 x 21 cm
  • Nombre de pages: 124 pages
  • ISBN: 9782807005914 (livre imprimé) | 9782807005921 (PDF) | 9782807005938 (Epub)
  • Parution: Août 2026
  • Prix: 16 € (livre imprimé) | 9,49 € (livres numériques)
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Pollen

En 1985, Louise – Madame Parfaite, un mari, deux jumelles – est rattrapée par l’histoire souterraine des Anderson, sa famille d’origine : Peter, le père aimant mais faible ; Odile, la mère fantasque, alcoolique et hypochondriaque ; Brigitte, la sœur cadette partie aux antipodes dès qu’elle l’a pu ; Gilles, le petit frère dont on ne sait que faire, dissipé, frondeur, impertinent depuis l’enfance, une graine de mauvaise herbe incapable de se tenir à un emploi… Autour de ce noyau gravitent Wolf, l’ami ambigu, médecin gynécologue qui à la fois soigne et entretient la dépendance médicamenteuse d’Odile ; Mademoiselle, une perle, femme à tout faire dans la maison ; Esther, concierge nature, confidente et grande amie d’Odile… Tout ce petit monde couve des non-dits, dont Louise cherche à démêler les fils. Une urgence, si elle veut pouvoir avancer dans sa vie.

Extrait

La semaine dernière, sa mère a piqué tête la première dans son assiette. Elle avait confondu somnifères et antidépresseurs. Inconsciente du spectacle qu’elle offrait, elle ronflait comme une bienheureuse. La soupe au cerfeuil, il y en avait partout. Dans ses cheveux, dégoulinant sur son chemisier, sur la nappe, par terre… Louise est restée à la regarder, sans arriver à articuler le moindre mot. En d’autres circonstances, elle aurait ri. Mais il s’agissait de SA MÈRE ! La femme qui l’avait portée dans son ventre, il y avait trente-cinq ans. Comment en arrivait-on là ?
Le soir même, elle a abordé le sujet avec son père et s’est heurtée à un mur. Il cache son désarroi derrière du fatalisme. C’est comme ça, Lou, que veux-tu… Elle a eu envie de le serrer dans les bras et lui dire qu’elle s’en voulait, maintenant qu’elle était mariée, de ne plus venir souvent à la maison, mais elle a calé. Son père est un monument de pudeur et, face à lui, elle en devient un à son tour. Elle s’est contentée de dire : Maman doit se faire soigner. Elle est accro aux médocs. Son père a levé un sourcil, rassure-toi, Lou, Wolf s’en occupe. Jean-Pierre Wolfers, le médecin. Septante ans, nez busqué, cigarette au coin des lèvres. L’Ami de la famille avec un grand A. Wolf est pour quelque chose dans la déchéance de sa mère, c’est une évidence. Depuis que sa femme l’a quitté, chaque samedi soir, il est fourré chez ses parents. L’été, ils partent même en vacances à trois.
Avec Wolf, sa mère est tombée dans le piège. Elle avale des médicaments comme d’autres des bonbons. Pour être en forme au lever, pour calmer ses angoisses, pour rester de bonne humeur, pour dormir, pour digérer, pour faire fonctionner ses intestins devenus paresseux à cause de toutes les crasses qu’elle ingurgite. Comprimés, gouttes, suppositoires… une douzaine de boîtes et de tubes qu’elle trimballe partout dans un sac Longchamps, grand modèle.