• Auteur(s): Jasna Samic
  • Éditeur: M.E.O.
  • Genre: Roman
  • Format: 14.5 x 21 cm
  • Nombre de pages: 208 pages
  • ISBN: 978-2-930333-48-9
  • Parution: 2012
  • Prix: 18 €
  • Disponibilité: Disponible
  • Distribution: Maison de la poésie d’Amay (Belgique et Luxembourg). Pollen (France).

Dans le Sarajevo déboussolé d’après-siège, un avocat s’occupe d’une peintre locale expatriée à Paris durant la guerre, qui voudrait à la fois récupérer son appartement et publier des souvenirs qu’une soif inextinguible de liberté a rendus sulfureux. Celle-ci, de retour dans sa ville, tombe passionnément amoureuse d’un « Jeune homme » qui lui rappelle le Portrait de Baldassare Castiglione de Raphaël, un tableau qui l’a fascinée toute sa vie. Dans sa ville natale qu’elle ne reconnaît plus, « où les habitants ne se différencient plus qu’entre mafieux et non mafieux», elle découvre à travers cette liaison tourmentée la montée du fanatisme religieux, tout en prenant conscience de la vie oisive que mène une certaine classe mondaine dans sa cité d’adoption.

Un roman de double exil, où la passion permet de percevoir l’écartèlement de notre époque entre deux conceptions incompatibles du monde, l’une laxiste et l’autre ultra-rigide, forcées de vivre côte à côte en se haïssant et se combattant.

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Extrait
Haris Papo alluma une cigarette et jeta un coup d’œil par la fenêtre. Un petit homme massif, à la barbe longue et clairsemée, calotte sur la tête, tirait par la main « son esclave », une femme drapée d’un tissu noir sous lequel apparaissaient des socquettes blanches. Il leva son regard. Une mosquée en construction se dressait sous ses yeux.
— Manquait plus que celle-ci ! grommela-t-il. Des mosquées, des banques et le chômage poussent comme les champignons après la pluie !
À chaque pas, en effet, on butait contre tout cela dans la ville encore à moitié détruite. Ces banques aux coupoles dorées, tapissées de marbre, flanquaient des ruines, vestiges de la guerre, et à ces banques en marbre comme à ces ruines s’adossaient des mendiants, les « nouveaux pauvres » du jargon à la mode. Dans ce luxe de parvenus contrastant avec ces demeures lézardées, parfois sans fenêtres ni toit, pareilles à des cavernes ouvertes, Haris Papo voyait un avertissement : rien n’était vraiment fini, le conflit pouvait reprendre d’une minute à l’autre.

Entretiens
Entretien avec Jasna Samic par Edmond Morrel (Demandez le programme).
Entretien avec Jasna Samic par Étienne Baldit (Rue89).