• Sous-titre:
  • Auteur(s): Doina Ioanid
  • Péritexte: Traduit du roumain par Jan H. Mysjkin
  • Éditeur: L'Arbre à paroles / IF
  • Distribution: Maison de la poésie d’Amay (Belgique et Luxembourg). Librairie Wallonie-Bruxelles (France).
  • Genre: Poésie
  • Format: 12 x 20 cm
  • Nombre de pages: 74 pages
  • ISBN: 978-2-87406-556-9
  • Parution: 2013
  • Prix: 10 €
  • Disponibilité: Disponible

L’auteure nous parle ici d’une expérience du vide, d’un creux terrible dans son existence, qui coïncide avec la perte d’êtres chers. pour autant, cet étrange roman poétique n’est pas désabusé, car il est remarquable qu’en
dépit de l’extrême solitude qui l’a habitée, Doina Ioanid ait su exprimer dans ce recueil ses souffrances à la première personne, attentive au moindre mouvement de son corps. Resurgissant du néant le plus profond, elle a rapporté le ton, la ligne mélodique, le style et l’atmosphère justes, pour que le lecteur puisse l’accompagner dans cette rude épreuve de l’exil intérieur — ou serait ce le lecteur qui s’en trouve épaulé dans ses propres angoisses refoulées ?

Extrait
Le cœur dans la main, je me suis promenée dans la ville, marchant sur la première neige de l’année. Et mon cœur, aspergé de ce vin et de vinaigre, continuait à pourrir au rythme de mes trente-sept année, tandis que les pies se rassemblaient sur l’épaule du tambourinaire. Mes os seuls ne pouvaient me sauver. Tout comme ton nom, Argentina, terre promise. Seul un grand chien jaune m’a prise en pitié, s’est approché humblement et m’a mangé le cœur, sans se presser. Puis il est parti, et comme un immense tournesol, il s’est éloigné vers l’horizon.