Ce recueil, c’est de la poésie contemporaine, moins dans la forme que dans le choix des sujets et la façon de les traiter. Par exemple, Karel Logist écrit directement sur son Smartphone. Comme pour s’assurer que dans leur saisie même, ses mots parlent du monde tel qu’il est, tel qu’on l’habite. Mais surtout tel que lui l’habite. Car c’est bien un autoportrait qu’il nous offre, le portrait de quelqu’un qui a voué sa vie aux mots et qui regarde le monde depuis un étonnement jamais passé. Certes, on sent de la lassitude et de la tristesse. Certes, bien des choses emmerdent le poète. Mais la grande force de ces soixante-neuf selfies flous est de ne jamais verser dans la désespérance. Au contraire, ils nous rappellent que la vie a « besoin d’être aimée et envie d’être désirée, de prendre le vent de face, de sentir et de consentir, de se savoir surprise ». En ces temps incertains, qui n’y souscrirait pas ?
Né en 1962 à Spa, Karel Logist est poète, nouvelliste, critique littéraire et animateur d’ateliers d’écriture poétique. Il a publié une vingtaine de livres de poésie, dont plusieurs ont été primés. Il fut l’un des moteurs du collectif Le Fram (revue, maison d’édition et organisation de rencontres littéraires). Il codirige aujourd’hui la revue Boustro (Liège). Site : www.karellogist.com.