Le photographe français Sébastien Reuzé investit la friche industrielle qu’est devenue l’usine Kodak installée à Chalon-sur-Saône, ville de naissance de Nicéphore Niépce, dans le cadre du bicentenaire de la photographie. « La chute de la maison Kodak inaugure une page de l’histoire de la photographie, nous rappelle Michel Poivert dans sa préface, celle de la fin d’une industrie extractiviste désormais dénoncée, mais aussi celle d’une capacité de la photographie à se nourrir de sa propre histoire : à se prendre pour objet. Le moment est venu d’intégrer la disparition de l’industrie analogique à la mythologie de la photographie, à faire de sa “mort” une légende tout autant qu’un exorcisme. La photographie “néo-analogue” qui vient sera faite de la résilience d’une histoire industrielle emblématique de l’ère anthropocène. Devançant les historiens, les artistes entament un processus métabolique qui transforme un passé en une conscience esthétique, à la fois mémoire et reconfiguration des imaginaires du médium. Le changement d’horizon de la photographie analogique aura été radical. Industriel durant presque toute son histoire (de la reproduction des images à la production de l’information illustrée), il se redessine sur les principes d’une condition artistique affirmant le rôle des savoir-faire. Faire œuvre sur la chute de l’industrie photochimique a quelque chose de cathartique. Faire œuvre sur la chute de l’industrie photochimique a quelque chose de cathartique. »